Les Lequin-Tassé

Salut,

Je suis Samuel Beaupré.  Depuis plus de 5 ans, je suis à réfléchir, re-réfléchir, parler, discuter, remettre en question, inventer, réinventer, bonifier, améliorer, corriger, voir, revoir mon commerce de quartier, le Tassé.  Dans la foulée, j’ai eu deux magnifiques garçons, Thierry et Mathias, d’une amoureuse tout aussi magnifique, Marie-Claude Lequin.  Samedi le 24 octobre prochain, cela fera 15 ans que l’on est ensemble.  Ceci se veut une ode à ma blonde.

L’entreprenariat c’est quelque chose.  Faire des projets, c’est enivrant.  Vouloir être son propre patron, c’est finalement un peu égoïste.  Certains disent que l’on est prédestiné à être entrepreneur.  Peut-être bien.  Je crois que j’avais ce qu’il fallait et en plus, je me découvrais une passion pour le monde du café.  Je suis un gars passionné, tsé.

Entre Marie-Claude et moi, ça a toujours été transparent, voire direct (parlez-en à nos ami(e)s proches!)  Bien avant Samuel Tassé, nous avions fréquemment, toujours, des discussions enflammées ponctuées de rires et de pleurs sur bien des sujets.   À propos de tout, tout le temps.  Parler de café, boire du café, aller dans les cafés.  De plus en plus, nous nous retrouvions autour d’un latté pour discuter de mon projet.  Son avis était pour moi le plus important.  Elle était et est toujours aujourd’hui super critique par rapport à mes actions professionnelles et je lui en suis reconnaissant.

Être à la tête d’une TPE (Très Petite Entreprise), c’est prenant.  Dans les débuts, je doutais constamment, je prenais les conseils comme du cash, bons et moins bons.  J’essayais de m’en tenir à mon plan quinquennal, j’avais un souci pécuniaire.  Je m’impliquais dans tout, je travaillais plus que plus.  C’était normal on disait.  Mais pas tant que ça.  J’avais l’impression que mon niveau d’implication était directement proportionnel à l’augmentation de l’achalandage.  Peut-être que oui, peut-être que non.  Pendant ce temps-là, ma douce travaillait à temps plein et devenait le support moral et financier du ménage.  Et c’était lourd à porter au nom de la « réalisation personnelle » de chum.  Je revenais chez nous éreinté pour repartir plus tard cuisiner la soupe du lendemain.  Je n’étais pas très disponible, de mon corps et de ma tête.  Avec l’authenticité qu’on lui connait, Marie levait souvent le flag.  Et rapidement, heureusement.

Thierry est né le 28 avril 2011, 10 mois après le Tassé.  Mon premier bébé humain.  Je voulais être présent pour ma progéniture.  Je me sentais à 50% avec les deux et les deux avaient besoin d’une plus grande proportion de mon énergie.  2011 a été rough.  Marie-Claude a été là pour tous comme elle l’a toujours été.  Je me félicitais et me félicite toujours d’avoir partagé mes gênes avec elle.  Sans elle, je ne serais pas passé à travers 2011.  Mes garçons ne seraient évidemment jamais aussi allumés, sensibles, bien élevés et aussi beaux si ce n’eut été d’elle.  Mon commerce n’aurait jamais pris de l’ampleur aussi rapidement si elle n’avait pas défendu bec et ongle ses valeurs.  Aujourd’hui, je suis beaucoup le Tassé.  Marie-Claude me rappelle qu’elle est tombée amoureuse d’un Beaupré.  Pour nos 15 ans, je lui promets de me réapproprier une partie de moi.  Je l’aime.

Marie-Claude et moi, je crois qu’on est en train d’inventer la conciliation travail autonome – famille.  Ce n’est pas toujours évident.  On s’est crié dessus plus souvent qu’autrement.  Je me suis souvent demandé quels étaient les avantages de se lancer en affaires sauf le « flattage » de l’égo.  C’est un « work in progress ».  Mais on va le faire.  Parce qu’on est une équipe, l’équipe des Loups.  Un jour, je partagerai en détails mon opinion quant au support aux jeunes entrepreneurs et leur entourage.

Mais aujourd’hui, je veux que tout le monde sache à quel point j’aime ma femme et que j’ai besoin d’elle!  7 à l’infini!